01 mai 2008

Google désamorce les critiques sur les liens sponsorisés

Le moteur de recherche enregistre un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 46 % sur un an, poussé par son activité internationale. Certaines prévisions tablaient pourtant sur une chute de ses revenus liée à la baisse de performance des liens sponsorisés et à la récession américaine.

La crise économique ?

Google ne connaît pas. Ses résultats du premier trimestre 2008 affichent un chiffre d'affaires de 3,7 milliards de dollars (hors coûts d'acquisition de trafic), en progression de 46 % sur un an ; et son bénéfice net a augmenté de 30 %, pour atteindre 1,31 milliard de dollars.

Ces chiffres apportent un vigouraux démenti à ceux qui prédisaient que Google avait mangé son pain blanc, et que son modèle ne résisterait pas à la crise économique qui prend de l'ampleur outre-Atlantique. Le patron de la société, Éric Schmidt, en profite d'ailleurs pour régler ses comptes avec Comscore, dont les statistiques tendaient à montrer un effritement du taux de clic sur les liens sponsorisés de Google : « La croissance des liens sponsorisés est bien plus forte que ne le spéculent certaines tierces parties », a-t-il lâché, sans mentionner directement l'institut d'études.

51 % du chiffre d'affaires réalisé à l'international

« Il est évident que nous sommes bien positionnés pour 2008 et les années à venir, quel que soit l'environnement économique qui nous entoure », a poursuivi Éric Schmidt. « Notre modèle de publicité ciblée fonctionne avec n'importe quel scénario économique. » Le moteur de recherche rappelle qu'il s'est concentré ces derniers mois sur l'amélioration de la pertinence des liens sponsorisés par rapport aux recherches tapées par les internautes.

Google peut se montrer d'autant plus confiant que ses activités internationales dépassent désormais les ventes aux États-Unis et représentent 51 % de son chiffre d'affaires total. Elles sont en augmentation de 55 %, même si une partie de cette croissance (202 millions de dollars exactement) est due à un effet de taux de change et à la faiblesse du dollar.

Pour rester sur sa lancée, la société mise sur le développement du marché chinois en particulier, puisqu'elle ambitionne d'y ravir la première place à son rival Baidu dans les cinq ans à venir.

La grande priorité : la publicité dite « display »

Google se prépare, par ailleurs, à diversifier ses ressources publicitaires sur les téléphones mobiles et les réseaux sociaux, un point sur lequel les ingénieurs du moteur planchent actuellement : « Certains annonceurs mettent plus de temps à réaliser que les réseaux sociaux sont là et qu'il faut cibler [leur audience] de façon efficace », explique Sergey Brin, l'un des cofondateurs de Google.

Mais l'une des grandes priorités du moteur de recherche est désormais la publicité dite « display », les bannières et autres formats graphiques, sur lesquels Google n'a que très peu investi jusqu'à présent.

Le rachat de DoubleClick, fournisseur de solutions de gestion de campagnes publicitaires en ligne, a été validé il y a quelques semaines. Le moteur va donc pouvoir déployer de nouvelles solutions sur ses différents services : YouTube propose déjà des formats publicitaires graphiques ; d'autres sites comme le réseau social Orkut ou Google Images pourraient en bénéficier. Même si pour l'instant aucune décision n'a été prise, a indiqué Sergey Brin.

Par Estelle Dumout, ZDNet France

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